Avis / Quartier du ballon à Lille : il faut élargir la réflexion au cœur d’agglomération de la métropole

Contexte

Présenté en Novembre 2015, le projet urbain dit du « Quartier du Ballon » constitue une opportunité urbanistique majeure pour la métropole Lilloise. Nous approuvons la volonté d’optimiser ce foncier précieux pour créer un nouveau morceau de ville. Les objectifs poursuivis de regroupement des services métropolitains (et donc d’économies) et d’implantions de services mixtes (logements, commerces, bureaux) sont également appréciés.

Ce secteur propose une densité élevée avec en particulier un immeuble de grande hauteur (IGH).

Le projet se cantonne à un périmètre relativement limité et n’abord pas ou peu les interfaces avec les secteurs voisins.

L’importance du projet, compte tenu de son emplacement, ses objectifs, et son coût, appelle à une concertation maximale avec l’ensemble des métropolitains.

Avis 1 / Une forte densité justifiée

La densité élevée du projet qui propose environ 45 000m2 pour le siège de la MEL, environ 280 logements, 20 000m2 de bureaux et 2000m2 de commerces et services sur un territoire relativement réduit est justifiée par la proximité du métro, du tram et de la gare. En effet, si la métropole lilloise veut optimiser son « atout TGV » elle doit permettre l’accueil d’habitants et d’entreprises à proximité.

Par ailleurs, les tours jouent un rôle majeur dans l’image des grandes agglomérations. Disposer d’un cœur d’agglomération de grande hauteur est synonyme de dynamisme et donc d’attractivité.

Avis 2 / Un secteur qui a vocation à accueillir en priorité des entreprises du secteur privé

Il convient de se rappeler que la volonté de Pierre Mauroy, lors de la création de la gare TGV et d’Euralille, était d’accueillir des entreprises intéressées par la nouvelle proximité avec Londres, Bruxelles et Paris. Ainsi, la vocation d’Euralille et plus largement de ce grand secteur à proximité des gares est d’accueillir des entreprises du secteur privé et non des institutions publiques[1].

D’autre part, la réalisation du nouveau siège de la MEL était probablement l’occasion de délocaliser la MEL dans un secteur économiquement moins attractif mais d’un point de vu urbain plus stratégique, par exemple la zone de l’Union à côté de la Tour Mercure, desservi par le métro, afin de profiter de l’effet de levier provoqué par l’arrivée de 2000 agents de la MEL.

Enfin, la délocalisation de la MEL aurait permis de profiter de la vente d’un foncier très bien côté sur ce secteur.

Au total, oui à une tour sur ce site, mais construite par et pour le secteur privé.

La proximité de la gare TGV constitue une opportunité pour attirer les entreprises, nous devons valoriser cette opportunité en mobilisant le foncier à cet effet.

Avis 3 / Un projet mal connecté à son environnement

Le projet présenté ne semble pas être en mesure de répondre à l’un des objectifs identifiés à savoir « réussir la couture urbaine entre Euralille et le quartier du Romarin, géographiquement très proches mais radicalement différents dans leurs formes urbaines ».[2]

D’une manière générale, ce projet reste dans une logique d’ilot, sans vraiment prendre en compte son environnement.

En effet, ce secteur qui est aujourd’hui très segmenté et compliqué pour le voyageur, qu’il soit en voiture et plus encore à pieds, le restera.

Ce secteur qui est aussi une rupture urbaine entre Lille centre et La Madeleine du fait du périphérique, du Grand Boulevard et des infrastructures qui les accompagnent.

Au final, ce projet manque d’ambition dans sa dimension « aménagement du territoire ». Ce projet est une nouvelle occasion ratée, après le Jardin des géants, de proposer un projet ambitieux intégrant un secteur plus large permettant d’une part de recréer du lien entre l’ensemble des îlots du secteur et, d’autre part, d’offrir une véritable continuité nord/sud et est/ouest sur ce secteur qui constitue une partie du grand cœur d’agglomération que constitue le Grand Boulevard.

[1] Comme nous l’avions évoqué à l’occasion du débat entourant la futur capitale des Hauts-de-France, si Lille se veut être une capitale économique, capable de tirer vers le haut l’ensemble de sa région, elle se doit de libérer du foncier en son centre pour accueillir les entreprises du secteur privé intéressées par la proximité de la gare TGV. En l’occurrence, nous avions montré que le centre de Lille est « submergé » par des institutions publiques.

[2] (dossier Enquête publique en ligne, p.10 ; 2.2 ; http://www.lillemetropole.fr/files/live/sites/lmcu/files/docs/DIALOGUECITOYEN/EP01_sept2016_%20LILLE/2016_lill_RPDPVMC_Ballon%20EP.pdf

Avis 4 : Veiller au bon mariage architectural entre ancien et neuf

Les tours et les quartiers qui les accompagnent sont généralement constitués de verre et prennent souvent des formes cubiques. D’ailleurs, les esquisses proposées par le cabinet ANMA semblent aller dans cette direction.

Or, au nord est, le projet fera face à un ensemble de maisons en brique plus traditionnelles.

Il n’est pas gênant en soi de faire cohabiter architecture contemporaine et traditionnelle.

Néanmoins, il apparaît important de soigner les interfaces entre les deux secteurs.

Ainsi, entre l’habitat de brique traditionnel et les tours en verre, il devra être envisagé des constructions intermédiaires, que ce soit du point de vue de la hauteur, des formes urbaines et des matériaux utilisés, afin d’éviter l’effet de rupture.

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